Le silence qui parle

03.02.2019

 

Je reste muet, je n'ouvre pas la bouche, Car c'est toi qui agis.

Psaume 39:9

 

 

Tout autour de nous crie. Des cris de désespoir et d’appel au secours se lèvent de partout dans le monde. Des cris venant des eaux de la Méditerranée qui invoquent de l’aide, sous les dictatures asiatiques et sud-américaines. Des cris surgissent des prisons et des maisons pleines de violence. La voix se lève dans l'espoir que quelqu'un écoute et intervienne. Malheureusement, la plupart des cris restent sans écoute ou alors, lorsqu’il y a une intervention, il est déjà trop tard. C’est ça le triste final de nombreux reportages. L'expérience quotidienne de chaque homme montre à quel point le besoin de recevoir un mot ou une aide reste parfois suspendu dans le vide malgré la recherche et le cri poussé. C'est pourquoi beaucoup lèvent directement leur voix avec force vers le ciel, en utilisant le peu de foi disponible. “Eternel! c'est à toi que je crie. Mon rocher! ne reste pas sourd à ma voix, De peur que, si tu t'éloignes sans me répondre, Je ne sois semblable à ceux qui descendent dans la fosse” (Psaume 28:1). Sa foi lui donnait confiance en sachant que son cri ne resterait pas inécouté par Celui qui lui avait dit de l'invoquer dans la détresse et l'adversité (Jérémie 33:3; Psaume 50:15).

 

Cependant, nos cris peuvent amplifier et augmenter le bruit déjà considérable qui nous entoure et nous déroute. Voici alors que l'âme mature préfère le silence au cri, car le silence est souvent le "lieu" dans lequel Dieu nous attend, où nous réussirons à l'écouter au lieu d'écouter le son de notre propre voix. Comment ne pas se rappeler de l’expérience de Élie dans la caverne après la fuite de Jézabel  (1 Rois 19:9-18) et le cris des prophètes de Baal. Le texte hébraïque dit littéralement que Élie, dans l'obscurité de la grotte, a entendu «le bruit ou la voix d’un léger silence ». Un paradoxe linguistique avec lequel le texte suggère que le silence n'est pas vide, mais plein de la présence divine. Et l’Écriture nous invite à entrer dans ce silence si nous voulons le rencontrer. C’est ce qui se passe pour Élie, pour Moïse, et il en sera de même pour Daniel dans la fosse aux lions. C’est pareil à chaque fois que nous traversons un désert existentiel, cet endroit où la parole échoue et où le silence règne.

 

Notre humanité a tendance à crier dans le désespoir, pour donner libre cours à tout ce qui en nous n’arrive pas à rester calme et serein, en démontrant ainsi la difficulté de percevoir la proximité aimable et paternelle de Dieu. C’est une expérience commune à tous, croyants et non-croyants, qui a tendance à ressentir la sensation d’une apparente absence de Dieu. S'il est vrai que dans certaines circonstances, le Seigneur se tait et que nous sommes au bord du désespoir, les paroles du psalmiste nous disent qu'il est opportun que nous restions silencieux pendant qu'il agit et accomplit son œuvre. Foi! C’est-à-dire, croire, croire qu’Il nous aime, qu’Il est capable d’intervenir d’une manière qui nous est inconnue, qui tire le bien du mal par Sa puissance. Tout comme pour Élie, le silence devient une condition nécessaire pour permettre à Dieu de parler, car si souvent nous ne le laissons pas parler, nous ne l'entendons pas, à cause du trop de "bruit" dans notre vie. Même avec ses silences, Dieu fait grandir la foi et fait «toutes choses nouvelles». Nous devrions peut-être apprendre à répondre plus souvent au silence divin par un silence humain, attentif, qui écoute et qui se confie au Saint-Esprit.

 

 

Devotional 6/2019

Plan de lecture hebdomadaire de la Bible

04 février     Exode 34-35; Matthieu 22:23-46         

05 février     Exode 36-38; Matthieu 23:1-22

06 février     Exode 39-40; Matthieu 23:23-39

07 février     Lévitique 1-3; Matthieu 24:1-28

08 février     Lévitique 4-5; Matthieu 24:29-51

09 février     Lévitique 6-7; Matthieu 25:1-30

10 février     Lévitique 8-10; Matthieu 25:31-46

 

 

Le 4 février en 1906, est né à Breslau Dietrich Bonhoeffer, théologien luthérien allemand, protagoniste de la résistance au Nazisme et apprécié aussi dans le milieu catholique. 

 

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